• Le passage de l'horizon (...)

     

     Tamel marchait droit devant lui depuis des mois, depuis ce jour où, comme tous les siens, à l’âge de basculer dans l’utile, il s’était vu montrer la direction du soleil levant, au bord de la clairière de l’Ehlap, puis couvrir les yeux d’un bandeau de nuit.

    Tamel avait marché sans obliquer ni du côté du cœur, ni de celui de la raison, il n’était qu’une peau en mouvement, incapable de toucher autrement qu’en intuition, ce monde qu’il partageait en deux de sa trace.

    Mais l’enfant ne pouvait , pas plus que la lumière elle-même, que la lancette du philosophe, le projet du fanatique ou l’amour le plus absolu, dessiner une véritable ligne droite sur ce monde. Il lui fallait un jour ou l’autre, tout comme le soleil, refermer le cercle de l’illusion.

    Le soleil se leva, comme à chaque jour, devant lui. Mais cette fois là ce fut sur une silhouette familière, celle de Chamouse dont il avait traversé les pentes le jour de son départ. Le village était devant lui à moins d’un jour de marche.


    Seul le mensonge

    construction de l’esprit

    gouffre tendu entre deux points du désir

    seul le mensonge connaît la droite ligne.

     
    « En fuite à la lisière du possible _19_LEGNA »

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