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    Si quelqu’un s’était trouvé là, en lisière de forêt au moment précis où Tamel sortait de la clairière, il aurait probablement eut la surprise de sa vie, et peut-être même une grosse frayeur.

    Poursuivant son chemin devant lui, droit comme la trajectoire d’un arbre dans le temps, comme la confiance, comme l’intention initiale de toute courbe, l’enfant après avoir foulé les jeunes pousses d’un buisson épineux, parvint jusqu’à un gigantesque chêne, s’en approcha à le toucher puis passa, aussi facilement que s’il s’était s’agit d’une ombre, à travers l’écorce pour surgir l’instant après de l’autre côté.

    Et c’est ainsi que Tamel, au delà de la clairière de l’elaph, traversa la forêt des Sorgues, le jour du «passage de l’horizon» sans modifier sa trajectoire d’un degré à droite où à gauche de la ligne vers laquelle, depuis la porte du village, il s’était dirigé.

    Quatre heures plus tard, il était en vue d’un gros bourg lové dans une des larges boucles de la rivière des 3 Loups.

    L’enfant préféra patienter jusqu’au milieu de la nuit, caché derrière un mûrier sur lequel il préleva de quoi se rafraîchir la bouche et reconstituer un peu des forces brûlées dans la journée.

    Derrière les remparts, au matin, les villageois purent voir sur leur place du marché, à quelques pas d’une fontaine où l’eau jaillissait par la bouche de quatre dauphins, la statue d’un petit enfant au regard si magnifiquement saisi dans le granit rose que l’on pouvait y lire à la fois la fatigue et la joie, mais aussi une douceur désarmante et vraie au point que de nombreux passants s’arrêtaient pour l’effleurer de la main.

    Pendant ce temps, épuisé par une longue marche, première étape d’un périple qui ne faisait que commencer, Tamel se reposait.

     


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