|
Visiblement la petite fille était au cœur d’un instant de vrai bonheur. - Maman ! Tu l’as déjà sucré ? - Oui Damouce -répondit une voix en provenance de la pièce voisine- d’une pleine cuillerée de miel, la dernière de celui qu’Anthelme t’a rapporté lorsque la toux a pris ta gorge il y a deux semaines. - Ne te sers pas trop à la fois, je t'ai sorti ta petite tasse en buis. La lumière gagna soudain en intensité dans le regard de la petite fille qui ne répondit rien. Elle fit durer son plaisir en remuant le liquide pour achever de dissoudre le miel, d’une grosse cuillère en bois – de celles qui conviennent si bien au lait – avec lenteur et application. Qui l’aurait vu faire aurait pu penser qu’elle voulait racler le fond jusqu’à y faire un trou. - Que fais-tu Damouce ? s’inquiéta la voix de sa mère. - Je remue Maman, je remue, il ne faut pas en perdre de la dernière cuillère du miel des collines. Il n’y eut pas d’autre question. Enfin, La petite fille porta le bol à ses lèvres et se mit à boire avidement à grands traits. C’est dans cette posture de goulue qu’elle reçut soudain tout le lait que plus rien ne retenait, lequel se répandit sur son ventre et sur ses jambes. Elle poussa un cri aigu. - Ce n’est pas ma faute Damouce dit l’enfant venu de nulle part qui se releva alors. Damouce voulu répondre, mais Tamel s’était déjà enfui. |