|
La petite fille marchait d’un pas léger sur le chemin en lisière de la clairière des cercles. Tout son visage rayonnait de joie. - Oh dis Damouce, tu me le prêtes ton joli pendentif ? La jeune femme qui s’adressait ainsi à la petite fille lui coupait son chemin et tout dans son attitude contredisait le ton conciliant de la demande. - Désolé Alicre ... il n’est pas à moi et je dois le rendre bientôt. - Allez, soit gentille, juste une minute ! Je le passe au cou, je me regarde un peu dans la rivière et je te le rends. Il est si joli ! On dirait qu’il ne fait qu’un avec cette magnifique chaîne – de l’or je suppose ? – qui le retient à peine. - Je t’assure que … - Quelques secondes alors ! Je n’ai jamais vu un bijou aussi ravissant ! La fillette avait de plus en plus de difficultés à résister à la demande d’Alicre. Elle savait bien qu’à tout moment, les paroles implorantes pouvaient laisser place à la colère la plus violente. - Pas longtemps alors, parvint-elle à murmurer à l’instant même où l’autre s’emparait du bijou. Fais attention à la fermeture … elle est très sensible. - Tu es un trésor ! Je reviens tout de suite. Le temps de me montrer à Roelg. Une allure de princesse ! Sur qu’il va être séduit … - Mais tu m’avais promis! - Oui bien sur ! J’ai promis, un peu ! … Tout à l’heure je te le redonnerai. Ce soir, ou demain… Une promesse est une promesse ! Damouce se mit à pleurer. Au même instant l’emprunteuse indélicate poussa un cri d’horreur qui dut s’entendre depuis le village. - Descends de là ! Maudit garnement, tu me fais mal ! Au voleur, au voleur, Tamel m’a volé mon collier ! - Tu ferais mieux de te taire madame, il n’y a jamais eu de collier. Viens Damouce! Il vaut mieux que je te fasse une vraie couronne avec des herbes sauvages.
|