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A chaque fois que quelqu’un était passé devant lui, le jeune bambin s’approchait des traces laissées dans la poussière de la rue et y mettaient les doigts, comme pour en apprécier la température, puis les portait à sa bouche. - Que fais-tu Tamel ? - Chut ! Damouce ! Il ne faut pas perturber les passants. - Alors dis-moi ! - Je cherche un caillou, un beau caillou rond que j’ai perdu par le trou de ma poche quelque part dans le village. - Mais ça fait au moins dix fois que tu regardes au même endroit. - Tu n’y es pas ! J’écoute ce que dis l’âme de chaque passant dans la trace qu’elle laisse sur le chemin. - Pourquoi ne demandes-tu pas directement à chacun s’il ne l’a pas vu ton caillou rond ? - Parce qu’ils ne le savent pas eux-mêmes. Tu sais, chacun de nous voit chaque jour un nombre infini d’objets, d’êtres vivants et d’évènements et peu marquent notre conscience éveillée. Alors qu’il en reste toujours quelque chose dans notre âme. … - Mais dis donc ! Fit alors Tamel après avoir posé la main sur la chaussure de Damouce, tu l’as aperçue ma pierre ! - Ah bon ?! Répondit la fillette étonnée. - Oui, je la vois rouler au bout de ton pied juste devant la fontaine de la porte sud. - Ça alors ! Tu viens, On va la récupérer. Je suis curieux de voir à quoi elle ressemble. … - Eh ! Attends moi Damouce … tu triches ! |