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Il avait un besoin urgent de son corps mais aucun moyen de prévenir son frère. Quelque part sa petite amie souffrait, il pouvait entendre jusqu’à ses larmes couler mais n’avait aucune idée de leur cause. ... Tamel courrait. De toutes ses jambes d’adolescent, il se pressait là où il pensait trouver Damouce. Le soleil venait de disparaître derrière la montagne mais le jour était encore loin de s’achever. A présent, il n’entendait plus rien. Tamel dévalait la pente du terrain herbeux où, le matin même, Damouce et lui avaient trouvé l’entrée d’une petite grotte. Il mit moins d’un quart d’heure pour y parvenir. La fillette y était, à quatre pattes en compagnie de deux oursons, occupée à lécher avec eux un large morceau d’écorce de tilleul où s’étalait une grosse flaque de miel. La mère ourse ne laissa partir Damouce que lorsque celle-ci, et ses deux véritables petits oursons, eurent mis à nu de leur langue l’écorce de tilleul qu’elle avait soustrait aux abeilles de la forêt. A l’instant où elle apparut dans la clarté du jour finissant, Tamel entendit comme une plainte en provenance de l’intérieur, suivie du rire joyeux de la fillette puis de ce qui devait être une tentative d’imitation de ce rire par les deux petits qui avaient partagé avec elle leur repas du soir. Quelques minutes plus tard, dans son lit, la fillette avait rejoint ses camarades du jour au continent des rêves. |