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Sauvage

 

 

Depuis l’aube, le bambin suivait Anthelme. Il progressait sur le rythme du vieil homme se tenant à une cinquantaine de mètres derrière lui, certain ainsi de ne pas être remarqué de celui dont la vue si prodigieusement fine de près, était très défaillante au-delà de quelques pas.

Le guérisseur du village semblait chercher quelque chose et allait, apparemment au hasard ; d’un pan de prairie accroché au Barret, à quelque champ de la vallée, puis à une pâture tout en haut de Chamouse.

En chaque lieu il examinait méticuleusement le sol, les herbes, fouillait les buissons. Jusque là ses recherches semblaient infructueuses.

Distrait par une herbe étrange, Tamel laissa s’éloigner Anthelme, certain de le retrouver facilement.
La plante ressemblait à une tige de ciboulette mais à cinq centimètres de son extrémité, une fragile petite boule rouge s’était formée qui intriguait l’enfant. A peine plus loin, il découvrit une herbe de la même espèce, mais sa boule était devenue transparente et la pointe au-dessus d’elle était tombée.

Soudain, derrière lui, Tamel entendit une voix tonner :

-         Mon ail ! Mon ail sauvage, tu l’as trouvé !

C’était Anthelme qui s’approchait, s’accroupissait au pied d’une des herbes et recueillait précieusement les petites graines que la poche transparente contenait.

-         De l’ail sauvage ? Mais tu ne te souvenait pas où tu l’avais semé ?

-         Oh que si ! Mais cette plante là est particulière et capricieuse, non seulement elle soigne la plupart des humeurs noires, mais elle ne pousse jamais où sa semence est jetée.
L’an dernier, j’ai semé les graines sous le pont, en ces terres fertiles qui courent du côté du village le long du Rieu et l’ail est sorti dans une clairière entourée de sapin au-dessus du Barret. Celui-là était formidable pour la mélancolie de l’âge de raison.
D’ailleurs, je t’en ai gardé un peu dans un coin de ma cave pour dans quelques années.

-         Et celui-ci, père Anthelme, celui-ci ?

-         Je ne sais pas trop encore. Il va falloir que je le goûte un peu. Il se pourrait bien qu’il convienne pour aider à sortir de l’hiver.

-         Mais père Anthelme, nous venons à peine d’y entrer dans l’hiver, et la neige n’est même pas encore venue adoucir nos montagnes !

 

-         Pour la patience Tamel, j’ai encore un peu de celle d’il y a deux ans. Viens ! on la fera passer avec un gros bol de lait et une cuillère de miel.
...

-         Dis, père Anthelme, souvent j’ai les pensées qui sortent bien ailleurs que là où je les avais déposées. Tu crois que je suis un peu un ail sauvage ?

Sans répondre, Anthelme prend la main de l’enfant et l’entraîne du côté du village.

 

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T
J'ignorais cette façon de nommer la planteje la dépose soigneusement dans mon herbier.<br /> Content que l'idée ... ait germéc'est mon frêre qui m'a soufflé cette véritéet depuis que je connais son visageje la rencontre partout.
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T
L'ail sauvage, que l'on appelle aussi ail des Ours, s'il ne diffuse un parfum épatant et repousse ainsi les rongeurs et herbivores, est très apprécié des hommes qui depuis ... toujours? en tirèrent moult sirops, vins et élixirs puissants et aimés.Quand il recouvre un sous-bois, il donne autant d'émotions que des fleurs moins ... culinaires.Et je me plais à imaginer ces mondes souterrains qui poussent de leurs petites forces invisibles aux pattes multiples les bulbilles minuscules . Leur évitant la terrible mâchoire de la rivalitéavec le bulbe mère.Nos pensées surgissant ainsi un peu n'importe oùn'importe commentqui les habite vraiment?Merci du joli moment.
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