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Il était là, devant la maison de ses parents, adossé à sa porte. Tout en lui témoignait de la confiance qu’il avait en son corps : les bras croisés sur le torse, une jambe tendue, mais qui semblait au repose, l’autre passée devant, la pointe du pied effleurant le sol. Tamel se souvenait de toutes leurs rencontres ces deux dernières semaines. Ses chairs et ses os, en divers endroits n’avait pas encore suffisamment cicatrisé pour oublier. Pourquoi ce solide adolescent apprécié de ses pairs autant pour ses prouesses physiques que pour son enthousiasme au jeu, l’avait-il pris en détestation ? Autant s’interroger sur les changements subits du temps dans leur montagne et sur les raisons pour lesquelles l’eau y tombait parfois en orage en certains lieux alors que d’autres, pourtant voisins, n’en recevait rien.
Tamel n’osait avancer Maelt ne l’avait pas encore aperçu.
Le temps s’était suspendu ainsi lorsque apparut dans le ciel un grand oiseau d’une espèce inconnue des Hûles, sur lequel les couleurs de l’été, du vert émeraude au rouge coucher de soleil, semblaient s’être livré un furieux combat resté soudainement en suspens au milieu d’un assaut. L’oiseau décrivait dans le ciel une trajectoire à la courbure et à l’orientation variables, juste au-dessus de Tamel et de celui dont il redoutait tant la présence. Tous deux suivirent alors ce tracer avec un ravissement croissant au fur et à mesure que le volume traversé et le dessin qui s’y déployait pénétrait en eux. Après une superbe envolée vers le firmament, l’oiseau de feu piqua vers le sol, se stabilisa par un battement souple et régulier entre Maelt et l’enfant, s’y maintint quelques temps puis sembla s’évanouir tant le coup d’ailes qu’il donna alors fut puissant. A cet instant, les deux regards qui convergeaient vers l’oiseau, encore illuminés du feux d’artifices presque silencieux ainsi offert, se rencontrèrent. Ce que l’un et l’autre virent alors a peu d’importance, un sourire qui commençait sur le visage de l’un se terminait sur les lèvres de l’autre. Tamel passa, et il n’y eu ni crainte ni emportement, seulement deux saluts amicaux de la main.
Parfois pourtant deux regard parallèles se croisent au milieu de l’espace et donnent pour un instant fragile la grâce du plain-chant |